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Lecture

Fanny Chiarello : "Ne vous laissez pas enfermer dans des cases !"

Par PRISCILLA DECELLE, publié le mercredi 14 octobre 2015 21:05 - Mis à jour le mercredi 14 octobre 2015 21:09

Mercredi 26 février 2014, à la Médiathèque sud, les élèves des trois classes de 3ème ont rencontré Fanny Chiarello, auteur de « Holden mon frère », dans le cadre du Prix des lecteurs de la ville du Mans, auquel ces classes participent.

En écrivant ce roman, « Holden mon frère », Fanny Chiarello a eu comme but principal de « montrer que la lecture permet de sortir de sa condition ». En effet Kévin, le héros, habite en banlieue dans un milieu défavorisé. Elève médiocre dans une classe difficile, troisième enfant d’une famille instable, il a peur des autres et ne se voit guère d’avenir. Ce jeune garçon de 14 ans découvre en lisant « L’Attrape-cœur » (roman de l’écrivain américain Salinger) que l’adolescent Holden lui ressemble, ose briser le déterminisme social et être lui-même. Dans le milieu de Kévin, « les livres ont beaucoup de mal à rentrer, c’est pourtant là où ils peuvent faire le plus de bien » insiste l’auteur.

Si Kévin est amené à lire le roman de Salinger, c’est grâce à Irène, ancienne bibliothécaire, mamie dynamique et haute en couleur. Avec ce personnage, Fanny Chiarello réagit contre un autre déterminisme, celui de l’âge. Cette vieille dame atypique et attachante ne se laisse pas enfermer dans les stéréotypes d’une vie de personne âgée. Fanny Chiarello voulait au départ insister sur cet aspect de son récit en lui donnant le titre « Les mamies ne portent pas de pantalon », titre qui n’a finalement pas été retenu.

Mais l’auteur insiste : « C’est difficile, mais pas impossible, de refuser de se laisser enfermer dans des cases, de refuser de croire ce qu’on vous dit. » Et la littérature a le pouvoir de proposer de tels parcours.

A propos du ton souvent humoristique qu’elle a adopté tout au long de son récit, Fanny Chiarello explique que « faire sourire est une politesse, une distanciation », face aux conditions de vie précaires de Kévin. Ce n’est pas un discours politique, mais être romancière permet de protester contre les réalités sociales et d’amener le lecteur à se poser des questions, tout en le faisant sourire.

Le prochain roman de Fanny Chiarello aura pour thème : la différence. Un thème actuel, traité aussi avec humour, nous promet-elle. Un nouveau plaisir de lire à goûter au moment venu.

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